A mon fils Lucas
Mon regard retrouvait cet horizon d'asphalte
Sous un lampadaire arquant la sueur matinale
Ses vieux rhumatismes relâchés dans la halte
Escortaient les trottoirs morts de la capitale.
Le poing se resserrait contre l'élan du c½ur
Sortant mes tripes à l'heure du rendez vous
Face aux mots poignards attablés en crève c½ur
Flottait ce destin fard sous sa gueule de loup.
Mes questions se jetaient sur le mur de l'étrange
Retombant aux tempes argentées d'hypothèses
Où les frontières bordaient les attraits de l'ange
Au nez d'une enfance cloîtrée dans son malaise.
Son corps pelotonné sous cape des regards
Courbait la méfiance du dos de sa coquille
Se réfugiant au sein de mes tendres remparts
Qui franchissaient le pas vers son cri en resquille.
L'entretien se passait dans le froid monocorde
Encaissant tous les coups sans élever la voix
Mais sa main me ramenait à ces bouts de corde
Tendus par son ventre nouant le porte-voix.
L'espoir se faufilait dans les couloirs austères
Découvrant ces allées remplies de subsistance
Au pied de l'hôpital, fleurissaient les parterres
De pensées mutines poussant sans différence.
Myriam - 15/09/06


