Pardonne - moi...
A mon grand père...
Derrière le portail condamnant au silence,
Fleurissent ces allées bordées par l'herbe folle,
Coiffant en l'éventail sur un front d'insolence,
Tous mes pas refoulés qui essuient le formol.
Même si mes paumes atteignent la prière,
La pensée s'empale sur la croix du pardon,
Car ma foi se paume dans ses regrets d'hier,
Où l'au revoir pâle clame encor' l'abandon.
Tant de choses, de mots ... restés enfouis, là,
Dans mon c½ur essaimé par le coup du destin,
Lorsque le jour grimaud déchante à capella,
Escortant l'être aimé vers son ciel clandestin.
Mes larmes dévorent le plancher qui succombe,
A cette souffrance perforant l'abdomen,
Quand mes tripes dehors s'étalent sur la tombe,
D'un amour en carence offrant son cyclamen.
Puis, mon regard poursuit le fil de sa mémoire,
Raccrochant ses lettres au mur des souvenirs,
Là, où la main s'appuie pour recoller l'histoire,
Des bouts à renaître de la cendre, à venir ...
Le manque s'estompe dans mes rêves armés,
Hissant les lanternes phares de la toussaint,
Quand sa marche trompe ma douleur désarmée,
Sur un sol paterne portant l'oeil fantassin.
Myriam - 3/11/06
